Gérard Darmon

"L'alibi de cet album, c'est moi, dit Gérard Darmon. C'est un disque personnel car chaquetitre a pour moi une résonnance particulière, de près ou de loin". L'acteur crooner a choiside revenir à la chanson avec un album festif. "Dancing" est le titre de ce disque de reprises, le second de sa discographie.

D'une voix qui se promène dans le graves, il interprète en italien, en français, en anglais et en espagnol, des morceaux chinés dans sa discothèque: des titres plus ou moins connu en évitant les standards. Ce sont pour la plupart des chansons d'amour qui furent crééesentre 1950 et 1980. Des airs qu'il avait envie d'interpréter tout simplement. "Je ne mesuis pas trop posé de questions", explique-t-il. À son cahier des charges, une seule clause:se détacher le plus possible de l'original.

De Dean Martin, "Mambo Italiano"

Valéry Zeitoun m'a suggéré cette chanson interprétée entre autres par Dean Martin. Elle a étéle point de départ de cet album festif où l'on chante pour le plaisir. Notre version se veutplus moderne que l'originale.

D'Adriano Celentano, "Svlatutation"

Je connais ce titre de Celentano depuis sa création. J'avais trouvé géniale son idée d'inventerun langage: "Svlatutation" ne veut rien dire. Celentano est un artiste qui s'engage, cette chansona un contenu doucement anarchiste. "Svlatutation" n'est pas son titre phare, je l'ai choisie parce qu'elle m'évoque mes 20 ans. Il m'a fallu chanter en italien à un rythme soutenu. Je ne maîtrise pas bien la langue, mais je la comprends. C'était le challenge.

De Charles Aznavour: "Avec ces yeux-là"

J'ai toujours écouté Aznavour, je l'ai vu au moins vingt fois sur scène. Au cinéma, dans "Emmenez-moi"d'Edmond Bensimonm j'ai joué le rôle d'un fou d'Aznavour qui traverse la France pour le rencontrer.Je suis sidéré par ces monstres sacrés de la chanson, j'ai toujours envie de comprendre commentils fonctionnent. Aznavour est dans mon cur. "Avec ces yeux-là" est d'une candeur parfaite, unedéclaration d'amour directe. C'est tout ce que j'aime chanter.

De Frank Sinatra, "My way of life"

J'ai eu la chance de rencontrer Sinatra quand il est venu pour la dernière fois à Paris. Je me suisretrouvé à sa table dans un restaurant italien. J'ai balbutié quelques banalités, je lui ai dit les mots qu'il avait entendus toute sa vie mais je sais d'expérience que le compliments gardent toute leurfraîcheur quand ils ont des accents de sincérité."My way of life" est datée de 1968, l'année de naissance de ma première fille. Pour moi, Sinatra est ausommet de son art entre 1958 et 1967. Tant vocalement que musicalement. C'est l'étoile qui montre le chemin.

De Luis Prima, "Buena Serra"

Ce n'est pas la chanson la plus connue de Luis Prima, comme "I'm just a gigolo". J'avais choisi dans sonrépertoire quatre ou cinq chansons possibles. J'ai écarté celles qui étaient elles-mêmes des adaptations destandards américains. J'ai fini par ne retenir que "Buena Serra" qui a un bon groove, comme "Mambo Italiano".C'est aussi une chanson d'amour légère, une vraie chanson de chianti.Toutes les chansons ne peuvent pas avoir la gravité d'"Avec le temps".

De Sacha Distel, "Oh la belle vie"

C'est le standard international de Sacha Distel. Je la connais surtout dans sa version anglo-saxonne par Sinatra.C'est une chanson optimiste de fin de soirée, quand le pianiste se met à jouer et qu'on l'improvise. Cette chansoncorrespond à mon état d'esprit du moment, et à la tonalité du disque.

De Nat King Cole, "Acercate mas"

"Acercate mas" parle d'un homme qui demande à sa compagne de se rapprocher, encore et encore jusqu'à ce qu'il puissel'embrasser. C'est pour moi un exercice de chant. Je travaille le chant avec un coach, régulièrement, d'autant plus depuisque je suis en studio. Je l'ai fait au moment d'"Emmenez-moi", où je devais interpréter neuf chansons d'Aznavour qui n'étaient pas dans ma tonalité. Travailler le chant techniquement me rassure, me permet d'atteindre des aigüs et d'apprendrela respiration et le souffle. Bref, on trouve des solutions, on résout les problèmes.

De Gilbert Bécaud, "Mes Mains"

Cette chanson m'est revenue par hasard. Je l'ai réécoutée et j'ai toujours aimé la simplicitéde cette ritournelle d'amour et de sensualité.

De Paolo Conté, "Via con me"

"Via con me" est une des premières chansons que j'ai choisi, quand je cherchais encore l'identité de l'album.J'aime bien le parcours de Paolo Conté, cet avocat devenu musicien surle tard. Nous avons fait unvrai travail d'adaptation. Je l'ai faite avec un groupe de musiciens qui joue dans l'esprit manouche.J'aime Django et plus près de nous Birely Lagrene.

D'Henri Salvador, "Quand je monte chez toi"

Je suis impressionné par Henri Salvador qui reste un jeune homme à 89 ans. Je connais cette chansondepuis toujours. Elle parle de l'idée, très belle de la montée de l'escalier. Juste avant d'arriver chez elle. Le romantisme qu'il y a dans ces escaliers, le désir qui augmente. Peu importe ce qui sepasse après... C'est un clin d'oeil et une déclaration d'amour à Henri que j'admire. Hé hé.

De Frank Sinatra, "That's life"

C'est une chanson fataliste, idéale pour clore cet album optimiste et léger (dans le bon sens du terme).Je suis en phase avec ce que raconte "That's life". Elle dit en substance qu'on peut être au sommetun jour et se retrouver clochard le lendemain: c'est la vie! Merci Frank.

 

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